Saïd El Meftahi
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MEKNES, CITE DES ARTS MEKNES DES OLIVIERS
MEKNASSA ES-ZITOUN
Meknès ville impériale, étalée entre le Moyen-Atlas et le Sahara, aux portes du Tafilalet, a de la noblesse et du panache.
Elle est l’une des plus belles villes du Maroc avec ses vingt-cinq kilomètres de remparts, ses ruines imposantes, ses jardins immenses, ses portes monumentales. Elle fut la capitale de Moulay Ismaïl, souvent comparé à Louis XIV tant par le règne que par les embellissements qu’il a apportés à la ville. D’ailleurs, Meknès est surnommée le « Versailles marocain ».
Meknès se trouve tout à la fois être :
* une ville touristique
(cité-carrefour, toutes les routes conduisant du nord au sud en passant par le centre mènent à Meknès),
* une capitale culturelle
* le berceau de bien des confréries religieuses.
Il suffit de laisser derrière soi l’Océan pour que peu à peu l’on soit séduit par les hautes collines de la région de Meknès, fournissant en abondance les fruits et produits maraîchers de première qualité. L’on citera l’olivier, la menthe et l’eau si désaltérante de l’oued Boufekrane. Sur la rive gauche, la médina et les ruines de la ville impériale, sur la rive droite la ville nouvelle construite à partir de 1920 montrent la grandeur « meknèssienne ».
Dans la médina, grouillent toutes sortes de métiers. La ferronnerie dite damasquinée est unanimement reconnue au Maroc. Saluons également le travail d’orfèvre des menuisiers et artisans et la fabrication des moucharabiehs, embellissements des grilles et fenêtres en bois de cèdre façonnés et assemblés de manière géométrique.
Les monuments historiques de la ville montrent sa magnificence que l’on doit à Moulay Ismaïl. Des palais impressionnants, des jardins fabuleux, des portes majestueuses comme Bab Mansour El Aleuj (la Porte du Victorieux renégat), située à l’extrémité de la place Lala Aouda, fait la jonction entre l’ancienne et la nouvelle médina. Cette porte monumentale, la dernière commandée par Moulay Ismaïl en 1732 , vous terrasse et vous fait sentir infiniment petit.
Quelques exemples et autant de témoignages de l’histoire de la ville :
« Sarij e Souani » constitués de puits profonds dotés de norias assuraient l’alimentation en eau de toute la ville.
« Marbat el Khouyoul , les haras de Moulay Ismaïl
« Sarag », route qui mène au palais royal « Bab El Khemis », décoré de mosaïques à dominante verte.
Place El Berdain avec vue sur la partie nord de Meknès.
Bab El Jdid, grande place animée par les échoppes de maroquiniers, bijoutiers, vanniers, ferronniers.
Bab Tizimi Sghira et Bab Tizimi Kbira
Les souks ou « Kobat Souks » avec au milieu de la ville : Souk Nejjarine ou Marché des Menuisiers.
Gens célèbres ont vécu à Meknès tels Abderrahman Ibn Zidane et son ouvrage de référence « Le Cadeau aux hommes éminents des belles chroniques de la ville de Meknès » ou encore Faqih L’Mnouni.
Au théâtre, Timoud bien que n’étant pas originaire de Meknès, y séjourna longuement et aujourd’hui le Docteur Hassan El Menhi donnent leurs lettres de noblesse à cet art.
La musique moderne est largement représentée également. Meknès est la première ville où les orchestres constitués des meilleurs musiciens et chanteurs ont fait florès avec des chefs prestigieux comme Mohamed Ben Abdesslam.
A cette esquisse des personnages célèbres , il manque M’hamed Ben Aïssa, « Cheikh el kamel », Le Cheikh parfait, patron de la tariqa des Aïssaoua ; les Gnaoua , descendants d’anciens esclaves noirs venus avec Moulay Ismaïl et Ahl L’Touat, adepte de la tariqa Ouazania. D’autres confréries ont donné naissance à des zaouiyas de prestige telles que Hmadcha, Sidi Ali, Sidi Ahmed Drouri, les deux derniers enterrés à Meknès.
Beaucoup de groupes féminins appelés « les Mahlmates » donnent une idée large du répertoire chanté : Melhoun,0 comentarios 400 días
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Leïlat Aïssaoua Une nuit Aïssaoua
Des confréries religieuses, il en existe beaucoup mais les Aïssaoua figurent parmi l’une des plus importantes dans le monde arabo-musulman et plus spécialement au Maroc où elle reste très populaire.
Elle est directement issue de la tradition soufie qui a donné son essor à cette confrérie.
Cette tariqa a été fondée par Mohamed Ben Aïssa né en 1465 et venu de la région du Souss selon la croyance populaire, mort à Meknès vers 1526, qui est devenu plus tard pour la postérité « El Cheikh Kamal », le « Cheikh parfait ». Il est d’ailleurs enterré à « Bab El Jdid », lieu de pèlerinage.
Les zaouiyas n’ont cessé d’éclore durant cette période. Cette confrérie a des ramifications dans tout le Maghreb, en Syrie et bien au-delà encore dans la sphère musulmane.
Après la mort de Ben Aïssa, d’autres adeptes ont grossi les rangs de la tariqa se scindant en deux groupes :
La voie soufie
La voie des pratiques soufies par le rituel
Cet art normé devenu Art est avant tout perçu comme le symbole du Soufisme.
Je vais tâcher de vous rendre compte ici d’une soirée Aïssaoua et de son rituel ou hadhra telle qu’elle se déroule à Meknès par exemple. Dans chaque ville, la séance peut être conduite différemment. Et a fortiori, dans les pays musulmans,, les variations se multiplient en fonction des spécificités locales ou régionales.
La soirée débute après l’Isha dernière prière de la journée.
Le groupe ou Ta’ifa se tient à une centaine de mètres de l’endroit où se déroulera la Lila.
Il se rassemble entouré des disciples ou fouqaras devant la porte de l’hôte, sous la houlette du chef de la Ta’ifa ou Moqqadem dont le rôle est prépondérant dans le bon déroulement de la séance. Il est ainsi nommé et respecté car il est doté de toutes les qualités requises pour assumer une telle fonction par ses connaissances accrues sur :
* Le Coran,
* Le soufisme,
* Le saint fondateur de la confrérie,
* et enfin sur le rituel aïssaoua
Ils récitent une courte prière, la Fatiha et entrent dans la maison de leurs hôtes. On les appelle alors El Jalala.
Ils tiennent à bout de bras les oriflammes ou l'aalamat, brodés d'or aux différents noms de Dieu. Les vêtements cérémoniels, les brûle-parfums, les encensoirs et les instruments de musique sont là aussi pour donner tout son éclat à la soirée.
Il s’ensuit une nouvelle récitation de la Fatiha et les invocations peuvent alors commencer. Le groupe dirigé par le Moqqadem s'assied au milieu de la maison, les instruments momentanément mis de côté. Il récite alors a cappella "les louanges à l'Eternel " ou le Hizb "Soubhan al-Daïm, psalmodie rédigée par le Cheikh Ben Aïssa. Enchaînement avec vingt louanges au Prophète ou sefat. Reprise de la Fatiha.
Le groupe peut alors reprendre ses instruments de musique et chanter. Tout le monde frappe dans ses mains et alors commence l'évocation, le souvenir de Dieu ou Dhikr Allah par des poésies en arabe dialectal empruntées au répertoire du malhun "religieux". Seuls Dieu, le Prophète Mohamed Ben Aïssa et les saints sont à l'honneur.
Passons rapidement en revue les instruments :
- Un double tambour en terre cuite à deux peaux frappées à l'aide de deux baguettes ou tabla, utilisé seulement par le moqqadem.
- Une petite percussion digitale en terre cuite en forme de sablier ou tarija. On l'utilise d'une main.
- Des tambours à deux faces portés à l'épaule et frappés à l'aide de deux baguettes ou tbila.
- Un bol en cuivre retourné frappé à l'aide de deux baguettes ou tassa.
- Un instrument à percussion digitale, le bendir, lourd, entouré de petites cymbales ou boujnajin
- Enfin un hautbois ou ghaita ((le prononcer raïta). Seul instrument mélodique (au nombre de trois).
Le groupe reprend ensuite les instruments (tarija + tbila + tassa + boujnajin) auxquels on rajoute le tabla e0 comentarios 400 días
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L’melhoune
Si le patrimoine culturel, dans son acception la plus étroite, peut être considéré comme un ensemble de symboles et de mouvements nés de l’Histoire, ensemble qui se morcelle en une multitude de traditions populaires où se côtoient vérité et légende, réalité et imaginaire, celui que cette question préoccupe pressent qu’il est bien plus que cela.
En effet, celui qui examine attentivement le patrimoine culturel du Maroc y trouvera une tradition nouvelle, dont la genèse remonte loin dans le temps, confluence des nombreux événements qu’a vécus ce pays ; une tradition qui, si elle montre quelque signe d’affaiblissement, ne tire pas moins sa source d’une grande variété de cultures et civilisations ; une tradition capable de relever les défis lancés par chaque époque, par les problèmes dans lesquels l’être humain se débat aujourd’hui.
Nous, Marocains, jouissons du patrimoine le plus riche de toute la région : des habitudes et traditions les plus diverses, différentes selon chaque région du Maroc, passant par la cuisine, le costume, les us et coutumes, jusqu’à la poésie et l’art de la parole qui sont considéré tous deux comme la chronique relatant la vie de ce pays. Lorsque nous évoquons la poésie du Maroc, nous ne pouvons omettre de citer l’école des origines, toujours vivante aujourd’hui ; oasis ombragée qui apparaît du plus loin dans le désert ; l’école qui a donné toute sa créativité au Maroc ; l’arbre aux fruits abondants qu’est le Melhoun.
Notre art du Melhoun ne se résume pas à de la poésie exprimant des sentiments, il est la mémoire qui a construit l’histoire du Maroc, c’est lui qui a instruit ses enfants, qui a appelé les Marocains à s’attacher à tout ce qui est beau. Il est aussi la seule forme d’art -je dis bien la seule- qui a joué à la perfection le rôle de trait d’union entre le passé et le présent de notre peuple, que ce soit sur le plan de l’espace ou des différentes cultures ; il reste apte à construire le Maroc d’aujourd’hui, grâce aux sagesses véritables transmises par ses poèmes.
Il est tout cela et plus. Sa conservation ne doit pas consister à le placer dans un musée et à l’exposer comme s’il représentait tout ce qui nous reste du passé. Nous devons bien plutôt le considérer comme le point de départ d’un parcours intellectuel reliant les différentes époques, parcours caractéristique du Maroc. Il ne nous est pas permis d’arrêter la marche du Melhoun en ce début du XXIème siècle.
Nous ne voulons pas d’une nouvelle époque qui résoudrait nos seuls problèmes matériels mais stopperait dans sa course un mouvement intellectuel qui a consigné l’histoire entière du Maroc. La conservation du Melhoun est un devoir pour quiconque est épris de créativité, de vérité et de beauté et tout un chacun est concerné. En tout premier lieu les créateurs, les humanistes amoureux de littérature.
Je ne voudrais pas me montrer pessimiste sur l’avenir de la musique mais les données du réel parlent d’elles-mêmes. Comparons les soirées d’antan, les fêtes où ne s’entendaient que les formes les plus raffinées du chant, des mélodies qui nourrissaient l’âme et enchantaient l’esprit, des instrumentations inventives, composées par de véritables créateurs, avec ces genres musicaux qui nous sont venus pour saccager le bon goût unanimement partagé jusque là. Certaines instances du marché mondial les ont adoptés, convoitant de simples profits matériels. Ce sont ces formes dégénérées qui ont remplacé le véritable art musical et font office désormais d’étalon du bon goût. Nous en sommes arrivés aujourd’hui au point que lorsqu’un artiste authentique exécute une jolie mélodie au rythme balancé, seuls l’élite et les initiés sont à même de l’apprécier ; les autres attendent ce qui suivra, ce qui s’adressera directement à leurs membres et0 comentarios 400 días
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Saïd El Meftahihace 57 semanasفن الملحون هو تلك العاطفة الجياشة التي عبر عنها الشاعر بصدق ...إنه الذاكرة التي أرخت لهذه الأمة, وعلمت أبناءها ,و نشرت دعوة التمسك بكل ما هو جميل في هذا العالم, وكذلك يعتبر في مقدمة الفنون الجميلة في هذا العالم التي لعبت دورها كحلقة وصل بين الماضي و الحاضر, حتى على مستوى الفضاءات والعمران
كما أنه قادر أيضا على بناء كل الأجيال بما تسكن قصائده من روح تربية حقيقية وأخلاق إنسانية عالية. والحفاظ على هذا الأدب
ليس من منطلق وضعه في خانة التحف والإكسسوارات التي تعرض في المتاحف باعتبارها ما تبقى لنا من الأمس.
بل علينا أن نعمل على استمراره كمسيرة فكرية تغني الساحة الفنية ، الأدبية والإبداعية العالمية. ولا يحق لنا أن نوقف قاطرة هذا التراث الإنساني العالمي في مطلع القرن 21.
لا نريد في مطلع هذا القرن أن تعالج مشاكلنا المادية وتقف فيه حركة فكرية دونت لتاريخ المغرب الذي هو جزء لا يتجزأ من التراث التاريخي الإنساني ككل.
فالحفاظ على الملحون, أمانة على عاتق كل من يهوى الإبداع الحقيقي والإنساني الجميل والكل معني بهذا الحفاظ, وفي المقدمة المشتغلون في غمار الفنون الجميلة







Saïd El MEFTAHI
Saïd El Meftahi 0 respuestasNé au Maroc à Meknès, Saïd El MEFTAHI entre à l’âge de 16 ans à l’École nationale de musique de Meknès où le grand maître du malhoune (ou « melhoun »), Hadj Houcine TOULALI, devient son guide. Il fonde l’Orchestre de malhoune de Meknès et devient l’un des plus grands représent...